Schismogenèse …
En préalable, un. Conseil de Caton (Distiques de Caton, Livre second, XI )
Fuis dans les entretiens ces disputes frivoles
Qui peuvent s’élever entre amis et parents:
Quelquefois les moindres paroles
Font naître pour des riens les plus grands différends.
Schismogenèse un terme « savant », dont on parle peu et qui est pourtant omniprésent dans les relations humaines. Vient de « schisme » et de « genèse » créer la division.
Identifiée par G Bateson, la schismogenèse apparaît dès lors que deux personnes ou deux groupes ont une relation conflictuelle. Elle a deux aspects :
· La schismogenèse symétrique, l’interaction entre les deux partis opposés est concurrentielle, et mène droit au conflit majeur.
· La schismogenèse complémentaire : les comportements sont opposés, mais interdépendants. Une personne (ou un groupe) devient de plus en plus dominant pendant que l’autre devient de plus en plus soumise.
La schismogenèse est toujours à l’origine des conflits, qu’ils soient interpersonnels ou intercommunautaires.
En ce moment, l’accord entre Trump et l’Europe illustre la schismogenèse complémentaire. Le dominant domine, la dominée se soumet.
Le conflit israélo-palestinien illustre la schismogenèse symétrique, et l’escalade est inévitable.
Dans les familles, dans les organisations, la schismogenèse symétrique et la schismogenèse complémentaires sont très présentes.
Dans les organisations, opposition entre rivaux, « concurrents », alimente la schismogenèse symétrique au point que les interlocuteurs arrivent à des conflits pénibles, et la schismogenèse complémentaire produit des relations toxiques dans lesquelles, le ou les dominants et dominés se renforcent dans une interdépendance toxique.
Comment en sortir ?
La schismogenèse peut être stoppée ou inversée si les acteurs prennent conscience de la dynamique et changent de comportement. Il faut pour cela une volonté de désescalade et elle ne peut venir spontanément des protagonistes, car ils sont englués dans la relation.
Dans les familles où la mésentente naît entre les enfants, les parents peuvent aider à vaincre la schismogenèse, comme tout aussi bien la renforcer en ne traitant pas les différends de façon compréhensible par les protagonistes.
Nous vivons dans un monde conflictuel conditionné par la schismogenèse. Elle est à la fois une alerte et un présage de conflits de plus en plus pénalisants et dévastateurs.
Dans les organisations, la fonction RH est souvent la mieux placée pour stopper et inverser la schismogenèse… encore faut-il qu’elle dispose d’un outil diagnostique approprié, reposant sur une observation « objective », une méthode d’analyse sémantique sérieuse, et une méthode de re-conciliation responsabilisante.
En politique, la schismogenèse symétrique est omniprésente, elle dévient un modèle implicite de contestation de toute proposition, projet ou décision.
En relations internationales, la schismogenèse complémentaire s’impose de plus en plus et les diplomates n’y peuvent rien.
Dans les familles, les couples, les deux formes de schismogenèse sont régulièrement présentes.
Nombre de personnes gagneraient en sérénité et en efficacité à connaître et comprendre ce principe dès que des différends apparaissent …
Ceci éviterait l’éclosion des émotions négatives qui régissent les conflits et obèrent les solutions pacifiques.
L’approche de résolution des schismogenèses complémentaires et/ou symétriques passe par la prise de conscience du processus, la volonté d’y mettre fin, et l’appropriation de la méthode de résolution ...
Pour en savoir plus, https://calendar.app.google/Amedh5LsikPPBwWT9
En vous souhaitant d’agréables relations,
Gérard-D Carton





